FIASCO+
2005


FIASCO+ est une installation audio/vidéo pouvant fonctionner de manière autonome ainsi qu’à travers des interventions « live » de la part du vidéaste et du musicien.

Fruit de la collaboration de cinq artistes d'horizons différents:
Stephane Broc (vidéaste), Cécile Loyer (Chorégraphe et Danseuse), Vincent Epplay (plasticien sonore), Anne Buffetrille (creatrice de Costume) et Jean-Baptiste Bernadet (peintre).

Un personnage féminin se démultiplie, traverse et se laisse traverser par différents lieux et moments. Dans des réalités superposées, elle côtoie ses fantômes, ses doubles qui viennent se rappeler à elle.

« Allant et venant je m’en vais. J’irais et viendrai. Partir est venu à moi. Nous tous, serons tous, aurons tous parti. Parce que je suis ici et là. Et je partirai ou non ou jamais. Et j’ai vu ce que je vais voir. Si je suis où je serai. Parce que rien ne vient entre moi. »
« Le temps se déploie dans les coutures de l’être »
In Body art, Don Delillo

Samuel Beckett utilisait l’expression « fiascos en fleur » pour parler des enfants…

FIASCO+ est la rencontre entre 5 personnes+1 ayant l’usage de 5 outils distincts et donc 5 matières différentes :
Vincent Epplay, musicien, Jean-Baptiste Bernadet, peintre, Stéphane Broc, vidéaste, Anne Buffetrille, créatrice de costume, Marie-Hélène Renon, chargée de production et Cécile Loyer, danseuse/chorégraphe.

Le lieu dans lequel nous allons travailler n’est ni un théâtre, ni une salle d’exposition, ni une salle de concert. C’est avant tout un lieu d’Histoire et d’histoires ; la maison des vétérinaires sur le site de La Villette, à Paris. Ce bâtiment rond est dans la ville mais qui n’est plus la ville ; il est aux portes de la banlieue, au bord du périphérique, sur la frontière Paris/Aubervilliers. Le site de La Villette est un lieu de passage et d’échanges, de croisements plus que de rencontres. Ce sont les mouvements de foules, de masses qui s’inscrivent dans le paysage visuel, autant que sonore. Chacun peut trouver sa place mais les dimensions du site, les distances qui séparent chaque lieu et leurs architectures sont conçues pour recevoir des multitudes, pour multiplier les nombres.

Prendre du temps au milieu de la foule c’est se laisser bousculer, toucher et j’espère traverser par les différences. La Villette accueille aussi et régulièrement des troupes de cirque, qui très souvent vivent autour du chapiteau. Ces voyageurs restent donc quelques temps sur cette croisée de chemins et partagent leurs quotidiens avec les visiteurs du soir et les passants du jour. Ils deviennent les locataires des lieux, comme nous, à notre façon, le deviendront.

Notre recherche se fera, dans un premier temps en groupe pour réaliser une pièce mêlant, peinture/lumières ( photos), sons/musique, images/vidéos et danse.

Le point de départ de cette recherche sera « qu’est-ce que l’origine ?» Ou peut-être… L’origine de cette recherche sera « quels sont nos points de départ ?». Personnellement et particulièrement, qu’elles sont nos origines et qu’est-ce que cela signifie pour nous. Se mettre en jeu autour de la question de l’ascendance, la filiation et l’exil ou plutôt l’extraction familiale. Ainsi il faudra questionner aussi bien les outils que la pratique que l’on en a.. Simple, élémentaire et essentiel.

Dans un deuxième temps, nous aimerions que de cette réalisation naissent 5 œuvres personnelles ou 5 parcours solitaires : un film, une série de peintures ou photos ou, peut-être une seule toile, un solo de danse, une oeuvre plastique proche du costume et une bande sons. Ces excroissances de FIASC0+, existeront seules, indépendamment les unes des autres et elles pourront être présentées en solo, ou bien se regrouper en duos ou trios : par exemple, le film pourra être présenté avec la bande sons, le solo de danse pourra évoluer au milieu des tableaux ou des photos, ou peut-être on peut imaginer un duo costume et peinture, ou costume et sons etc.…
Notre idée est d’essayer, ensuite, de toucher et d’associer les lieux qui accueillent le plus souvent séparément ces différentes disciplines : galeries, théâtres, salles de concert, musées, Centres d’arts. Mais de ne pas forcément y intervenir avec la pratique artistique la plus appropriée et déjà inscrite dans le lieu, comme la danse dans le théâtre ; de proposer, par exemple, la vidéo et la peinture sur scène, ou la musique au musée, ou encore le solo de danse et le costume dans une salle de concert.

Nous voudrions que chacun garde ses codes, ses exigences, sa façon de travailler dans des lieux qui ne sont pas adaptés à sa pratique, à ses contraintes et à ses impératifs. Ainsi, il ne faudrait pas que le solo de danse devienne une performance au milieu de visiteurs/spectateurs, mais que les visiteurs soient vraiment en condition de spectacle et ceci parce que le solo présenté aura l’exigence du spectacle. De même, le théâtre deviendra un musée et le musée une salle de concert.

Si nous gardons cette rigueur nous nous confronterons aux limites de chaque lieu et c’est avec ces contraintes là que nous devrons repenser notre rapport au spectateur. Ce qu’il voit, ce qu’il entend, assis ici ou debout, dans l’ombre, en silence, en groupe ou un par un. Qu’est-ce qui doit être vu ou entendu ? Pour nous il s’agira d’affiner, de resserrer et d’approfondir…. Qu’est-ce qui doit exister absolument ? Avant tout ?
Nous retrouverons de façon pratique la question de l'origine; nous devrons épurer, ou peut-être concentrer. Il faudra, pour déterminer « le point d’arrivée » revenir aux sources, à la naissance de l’acte que nous aurons, par le travail, dépassée, transformée et oubliée nécessairement.

La question du public est souvent évoquée par les structures, les institutions : comment toucher un large public ? Comment les sensibiliser ? Comment faire venir un public différent ?
Qu’est-ce que cela signifie, « un autre public », « un nouveau public » ? Nous ne créons pas pour un public en particulier, pour une catégorie de gens, nous ne voulons pas adapter notre langage à certains regards, mais nous voulons nous présenter à des yeux et des oreilles habitués à des sons, des espaces, et des émotions qui ne sont pas les nôtres ; pour éviter de se retrouver entre nous ; de se retrouver seuls.
Aussi le quintet FIASCO+ sera une œuvre pluridisciplinaire sans étiquette, « un objet non identifié » que nous nous attacherons à présenter dans tous les lieux et à tous les regards.


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LES PARTICIPANTS

STEPHANE BROC
A la fois compositeur, vidéaste et photographe Stéphane Broc signe plusieurs vidéo-danse ; KATERINE MOUSSE, SE SENT BIEN, SE SENT MAL, SE SENT ELLE(1999) et MANUREVA (1998) en collaboration avec la chorégraphe Laure Bonicel, BLANC d’après un solo de Cécile Loyer (vidéo danse 2003/ centre Pompidou), TRAC…S de Jean-Antoine Bigot (2002). Il travaille avec la Cie de danse Art Mouv’, Hélène Taddeo Lawson. NOM DE CODE GOELAND (2002), R VES (2003) et présente à Bastia une installation vidéo EVER.Lauréat des Pépinières pour Jeunes Artistes, il co-signe un spectacle de danse UNDERDOG FISH et réalise une vidéo: SON AME VA AILLEURS (fiction), en 2000 à Montréal. Il participe au forum Européen de la jeune création à Lyon en investissant le lieu des "Subsistances " en 2001.
Il travaille régulièrement avec la performeuse et cinéaste Lazara Rosell Albear: LES AVALEURS / SLIKKERS ( vidéo installation/2001) en co-réalisation. FOOLISH MOTHERS (Fiction 2001) directeur photo.
Il collabore avec le réalisateur belge, Yves Opstaele, à la réalisation de PLANET ZERO (documentaire sur la jeunesse de Sarajevo depuis la fin du conflit en ex-yougoslavie). Ils créent aussi SARAJEVO OPEN CITY (exposition pluridisciplinaire sur les différentes visions de l’après-guerre à Sarajevo ) à Gent en Belgique.
Autres expositions : SCHETSEN au Vooruit (Gent, Belgique), où il crée un environnement sonore pour la peintre Sylvie Duhamel en 1998. UNIT 96, expositions Photos+films+Performance autour du mouvement (Luxembourg) en 1996. Musicien : Participe comme guitariste à l’album de M Spoon : A SLEEP ON THE ROOF en 2003. Il compose la musique de deux films de Yves Opstaele ROOF et I SMEEL ROSES IN THE UNDERGROUND en 1997 et 1998. il collabore avec Cornélia Franke pour 1.9.9.5 , KURZVERSION et XX es 90_, trois pièces de Bernard Baumgarten en 1995 et 1996.
En 2001, il crée à Paris avec Jean-louis Chapuis +/- L’EPICERIE, une programmation vidéo et sonore dans une épicerie marocaine. En 2002, il met en place +/- L’EPICERIE 2 pour la biennale IV de Cétinie au Monténégro. L’édition de +/- L’EPICERIE 3 a lieu à Varsovie en juillet 2003. Pour 2004 +/- l' épicerie est invité à Lille 2004 par l’artiste Cécile Paris à La maison folie de Wouazennes.

VINCENT EPPLAY
Vincent Epplay, plasticien/musicien, concepteur et réalisateur d'environnements sonores, élabore une recherche multiforme mettant en jeu la matérialité du son et ses modes de diffusion / réception.
A partir de dispositifs sonores installés ou d'interventions live, il questionne les rapports entre le son et l'image, le contexte de la diffusion (durée, lieu) et le rapport à l'audio-spectateur.
Ces dispositifs revêtent différentes formes : objets sonores sur le web, CD ROM de musique générative, installations et environnements sonores dans le cadre d'expositions ; ils peuvent par ailleurs être réinvestis sous la forme d'interventions live en associant d'autres intervenants (chanteuse, musiciens, videaste ...).
La collaboration et la rencontre avec différents artistes sont des constantes de son travail. Vincent Epplay collabore avec Samon Takahashi (Mu & mixture, dispositif d'improvisation en live), avec Antoine Schmitt, (CD Infini, Cd rom de musique générative et Display Pixel, installation live), avec des danseurs chorégraphes ("A usages uniques / Musique pour jukebox sans titre et Play with Clara, installation pour theremin), avec le laboratoire indépendant de cinéma expérimental MTK (Mody Bleach, performance live présentée sur différentes scènes européennes), et avec Joana Preiss sur le rapport entre musique génerative/ improvisation vocale .

ANNE BUFFETRILLE
Après des études supérieures d’Allemand à Paris Anne Buffetrille part en Allemagne se former au théâtre. Elle participe à la mise en scène de plusieurs projets en Allemagne et en France ; auprès de J. Savary au théâtre de Chaillot, T. Stief, H. Bindseil à Munster, J. Flugge à Kiel, E.Gesell à Munich, A. Moyses à Bochum, P. Holzwarth à Baden-Baden et B. Stengele à Constance.
A partir de 2000 elle se forme à la scénographie et aux costumes auprès de plusieurs metteurs en scène au théâtre pour enfants de Kiel et au théâtre de Constance où elle est engagée en tant que créatrice de costumes en 2002. Elle travaille avec J. Wesemuller, C. Diem, M. Heinzelmann, G. Pigor, E. Higer-Strauss et C. Frieben


TOURNÉES :

La Villette, Les cent dessus dessous 2005
Festival Vidéodanse Beaubourg 2009


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