OMBRES
SOLO
2001



Chorégraphe: Cécile Loyer
Interprète: Cécile Loyer
Assistant à la mise en scène : Jean-Baptiste Bernadet
Lumières et scénographie : Jean-Baptiste Bernadet
Musiques: Johnny Hallyday "Que je t'aime", Il Giardino Armonico: Von Biber, musique pour la tempête de Shakespeare, éd. Teldec, et musiques originales de Eric Communier.

Durée: 40 minutes
Création Espace Pier Paolo Pasolini, Valenciennes, 2001
Co-Production : C.LOY-Cie Cécile LOYER ; Espace Pier Paolo Pasolini, Valenciennes, CCN Orléans – Josef Nadj (accueil – studio)

Co-réalisation: Domaine de Kerguéhennec, centre d'art contemporain, Bignan (fr).



« Distance » et « Participation » ; j’aimerais jouer sur ces deux termes, sur ces deux actes : que le public soit présent en tant qu’acteur-spectateur. Trouver ou retrouver la ressemblance, l’appartenance de chacun dans l’autre. A des niveaux, des moments différents je suis persuadée qu’hommes et femmes confondus se retrouvent dans toute vie, tout itinéraire ; ils ont vu, entendu et vécu des situations semblables et les mêmes émotions jalonnent leurs chemins.
Se souvenir est un acte majeur, primordial ; être capable de ressentir à nouveau, goûter encore une fois pour, peut- être oublier définitivement ou au contraire grandir,
ou « s’agrandir » et transmettre.
La mémoire peut être cruelle mais l’oubli est plus dangereux encore. Il faut se souvenir pour avancer, ne jamais oublier pour pouvoir changer. Pour pouvoir agir.

« Agir (c’est à dire précisément l’objet du théâtre), c’est changer le monde et, en le changeant, c’est nécessairement se changer », Sartre.

L’histoire, notre histoire devrait naître de nos regards les uns sur les autres ; rien ne devrait se faire sans cette attention à l’autre, sans s’être vu dans l’autre. Reflet. Miroir. Semblables. Prenez le temps de regarde ces corps au repos, en face de vous, assis ; ils sont ailleurs. Leurs visages, leurs mains les trahissent. Une respiration qui s’accélère, des épaules qui se haussent, des doigts incapables de s’immobiliser, des bouches qui s’étirent, passant du sourire à la grimace. Effervescence de l’être, incandescence à jamais. Nos yeux, nos bouches, nos langues, nos ventres, nos pieds et nos mains, nos derrières et nos sexes expriment en secret la peur et le désir. Ils chutent et se perdent de la même manière, aux même rythmes. Petits dérapages quotidiens qui nous lient indéniablement.
Je fais partie de « la ligne », de ce fil que d’autres ont commencé à tendre. « Faire suite, être à la suite, prendre la suite ». Les Ombres de ma vie m’ont passé le relais. Par petits bouts, par petites touches, leurs parcours ont défini le mien ; je suis parce qu’ils ont été. Je n’ai pas vu ce qu’ils ont vu mais je suis les émotions, les peurs, les colères, les chagrins qui les ont transformés, façonnés, déformés à jamais. Pour que nous n’effacions jamais, que nous ne recommencions jamais, il faut que nos Ombres gardent leurs places dans nos têtes. Si la mémoire n’est plus, la Bataille aura eu lieu pour rien.





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